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Mais qui sont les 3 M de Bordeaux?

Montaigne (XVIème siècle), Montesquieu (XVIIIème) & Mauriac (XXème), sont tous les 3 des figures emblématiques du patrimoine intellectuel français mais saviez-vous qu'ils viennent tous les trois de la région de Bordeaux? D'où ce charmant surnom des "3M de Bordeaux"! 

Michel Eyquem, seigneur de Montaigne (maire de Bordeaux entre 1581 et 1585), fut l'homme des Essais, qu'il écrivit dans une des tours de son château de Saint-Michel-de-Montaigne. Charles-Louis de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu, possédait des vignes et aimait à s'échapper de ses fonctions administratives pour mener des expériences et philosopher.  Quant à François Mauriac, il fut un des plus grands écrivains français du XXème siècle, membre de l’Académie Française et Prix Nobel de littérature. 

 

 MONTAIGNE, le sage et philosophe

Statue de Montaigne - place des Quinconces, Bordeaux

Naissance : 28 février 1533 au château du même nom, près de Bordeaux

Il nait dans une famille ancienne, mais point illustre. Son père, quoique noble, tenait à ce que son fils fréquente des personnes de basse condition, et le fit élever à la dure.

Après des études de droit, il débute sa carrière en 1554 en tant que conseiller à la Cour des Aides de Périgueux, puis au Parlement de Bordeaux où il siège durant presque 15 ans. Pendant qu’il était conseiller à Bordeaux, il se lia d’une solide amitié avec un autre conseiller de la cour, nommé Étienne La Boëtie. Ce jeune magistrat, qui mourut à l’âge de 32 ans, avait composé, dès l’âge de seize ans, un Traité de la servitude volontaire. Montaigne a immortalisé son nom par les belles pages qu’il a écrites sur l’amitié qui les unissait. Certains vont jusqu'à penser que sans sa rencontre avec La Boetie, nous ne pourrions pas lire les Essais aujourd'hui car ils ont été écrits pour discuter avec nous comme il l'aurait fait avec son ami.

En 1570, il vend sa charge de conseiller au Parlement de Bordeaux, se retire dans son château et commence à rédiger ses Essais dès 1572. Dans ce livre, Montaigne a voulu, avant tout, peindre l’homme en se peignant lui-même. Il y ajoute des réflexions personnelles émaillées de citations grecques et latines.

On devine combien il a dû affecté par les malheurs de son temps. Il eut la douleur d’être témoin des massacres de la Saint Barthélemy (1572), des fureurs de la Ligue, des atrocités sanglantes des Guerres de Religion.

Probablement pour trouver une remède à sa maladie, La Gravelle dont il souffre depuis quelques années, Montaigne décide de tenter les cures thermales dans les villes d’eaux réputées à travers l’Europe. Il rapporte son périple dans son "Journal de voyage"  :  ce manuscrit conservé pendant presque 200 ans au château à l’insu de tous, ne sera publié que lors de sa découverte en 1774 ! 
Alors qu’il est encore à l’étranger, il apprend qu’il est élu maire de Bordeaux en 1581, charge qu’il est forcé d’accepter sur l’insistance du roi, et interrompt son voyage. En tant que maire, il travaille à conserver l’équilibre et la paix entre les différentes factions, une politique qui semble porter ses fruits puisque il est réélu dans ses fonctions. Ses fonctions politiques ne l’empêchent pas de continuer à écrire.

Tout comme Rabelais, Montaigne attaqua les travers de son époque : les superstitions de l’Église, les mœurs désordonnées des moines, les injustices judiciaires telles que la torture, l’inquisition, etc. Dans les questions controversées, à la manière d'un rapporteur, il se borne à consigner le pour et le contre, mais il donne rarement son opinion.

Pour moi la lecture de l'ouvrage est laborieuse. La narration n’est pas suivie, l’auteur commence un chapitre sur un sujet, abandonne son idée et digresse.... Dans Les Essais, il parle de tout à propos de lui, et de lui à propos de tout ; il se pose mille questions, les résout à sa manière, sans donner toutefois la meilleure solution... Il interroge son lecteur.

Les Essais sont aujourd'hui considérés comme l'avant-garde du blog. Eh oui... Les essais, c'est quoi? Un assemblage un peu fourre-tout de réflexions, d'articles, d'avertissements, de mises au point et de coups de gueule, d'avis divers et variés sur une multitude de sujets... à mi-chemin entre le journal intime et l'autofiction... On peut donc le considérer comme le précurseur d'un genre qui fait fureur à notre époque : Le blog !

 

Anecdote : On sait que Montaigne avait été enterré dans l’ancien couvent des Feuillants construit sur le site de ce qui est aujourd'hui le Musée d'Aquitaine. En 2018, on pense avoir retrouvé le tombeau de Montaigne et les avancées des historiens et archéologues défraient les chronique locales régulièrement...

 

Lieux d'hommage à Bordeaux : Une rue (dans le quartier des Grands-Hommes), une statue monumentale de Maggesi qui trône sur la place des Quinconces, son cénotaphe exposé et mis en lumière dans le musée d'Aquitaine, la faculté de Bordeaux s'appelle Université Bordeaux-Montaigne

 

 

MONTESQUIEU, fondateur des sciences politiques

Statue de Montesquieu - Place des Quinconces, Bordeaux

Naissance :18 janvier 1689 au Château de la Brède, à quelques encablures au sud de Bordeaux

De son vrai nom - Charles-Louis de Secondat - il appartient à la noblesse de robe.
Après des études de droit, il devient conseiller au parlement de Bordeaux en 1714. En 1715, son mariage avec une protestante lui apporte une dot importante. Le jeune Montesquieu a peu de goût pour sa fonction...

Il hérite de la fortune de son oncle, de la charge du président à mortier du parlement et la baronnie de Montesquieu. Délaissant sa charge dès qu'il le peut, Montesquieu se passionne pour les sciences et mène des expériences (anatomie, botanique, physique...) puis oriente sa curiosité vers les hommes et l'humanité à travers la littérature et la philosophie. Passionné par les sciences, il fonde un prix d'anatomie à l'Académie de Bordeaux. 

Dans les "Lettres persanes", qu'il publie anonymement en 1721 en Hollande, il dépeint admirablement, sur un ton humoristique et satirique, la société française à travers le regard de visiteurs perses. Loin de lui valoir des représailles, les lettres persanes vont lui ouvrir les portes des salons littéraires. Très critique envers l'absolutisme et ses travers sociaux, Montesquieu qui croit à la nécessité des réformes, souhaite pour la France une monarchie constitutionnelle à l'anglaise.

À partir de 1726, l'écrivain quitte la magistrature pour se consacrer à la littérature, et entame un voyage à travers l'Europe. De cette expérience et de son observation des différents régimes politiques, il retire une analyse politico-philosophique : De l'Esprit des Lois (1748). Le retentissement de cette œuvre et l'influence qu'elle exerce sur les penseurs à venir font de Montesquieu l'un des premiers et des plus influents philosophes des Lumières.

Il reste l'un des penseurs de l'organisation politique et sociale sur lesquels les sociétés modernes s'appuient. Il est l'un des premiers à songer à la séparation des pouvoirs en trois domaines : l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Critiqué par l'église, il n'est pas pour autant hostile au système monarchique. Annonciateur du courant des Lumières françaises, il participe à la fin de sa vie à l'aventure de l'encyclopédie et meurt aveugle.

Mieux comprendre les bases de la séparation des pouvoirs et l'idéologie de Montesquieu https://1000-idees-de-culture-generale.fr/separation-des-pouvoirs-montesquieu/

 

Lieux d'hommage à Bordeaux : Une rue (dans le quartier des Grands-Hommes, la rue Esprit des Lois le long du Grand-Théatre qui serait semble-t-il la seule rue en France à porter le nom d'une oeuvre littéraire, le Lycée Montesquieu, une plaque au n° 31 place des Martyrs de la Résistance où il vécut, une plaque au 87 rue Porte-Dijeaux (actuelle Librairie Mollat) où il vécut

 

 

FRANCOIS MAURIAC, l'écrivain engagé et torturé

Francois Mauriac né à Bordeaux

Naissance : 11 octobre 1885 à Bordeaux

Issu d’une famille bourgeoise, catholique et conservatrice, François Mauriac restera toute sa vie profondément attaché à ses racines bordelaises, ainsi qu’il apparaîtra dans la plupart de ses romans.

On retrouvera dans ses romans sa double ascendance :

  • Une bourgeoisie urbaine catholique du cote de sa mère
  • Une bourgeoisie de propriétaires terriens en Sud Gironde, entre landes et vignobles, du côté de son père

Envoyé à Salonique en 1914, François Mauriac, réformé pour raison de santé, ne participa guère aux combats. En revanche, les années d’après guerre allaient être pour lui celles du succès littéraire. Il publia coup sur coup plusieurs de ses œuvres majeures, Le Baiser au lépreux (1922), Le Fleuve de feu (1923), Génitrix (1923), Le Désert de l’amour (1925), Thérèse Desqueyroux (1927), Le Nœud de vipères (1932), Le Mystère Frontenac (1933).

Satires cruelles du milieu bourgeois, ses romans expriment le pathétique de la condition humaine, l’angoisse douloureuse du chrétien, torturé par le choix difficile entre Dieu et le monde, entre la chair et l’esprit, entre la foi et les passions. 

Au faîte de sa gloire, François Mauriac allait modifier, au milieu des années 1930, son regard sur le monde ; délaissant un peu la littérature, il allait s’engager dans le combat politique. S’éloignant progressivement des positions conservatrices de sa jeunesse, il entreprend de dénoncer la menace fasciste. Lorsque éclata la Seconde Guerre mondiale, François Mauriac choisit son camp et participe à la résistance intellectuelle en publiant clandestinement  des articles dans le Cahier Noir sous le pseudonyme de Forez.

À soixante ans, le Mauriac d’après-guerre se fit surtout écrivain politique. De 1952 à sa mort, chroniqueur au Figaro, auquel il collaborait depuis 1934, puis à L’Express.

Enfin, après avoir soutenu la politique de Pierre Mendès-France, François Mauriac, trouva en la personne du général de Gaulle l’homme d’État conforme à ses vœux, incarnant les valeurs qu'il avaient défendues ardemment. Il est toujours dans un mouvement d'engagement politique lorsqu'il prend position pour que la France choisisse le chemin de la décolonisation dans certains pays, comme l'Indochine, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie.

François Mauriac fut fait Grand-croix de la Légion d’honneur, par le général de Gaulle. Il décéda la même année que celui-ci en 1970

 

Lieux d'hommage à Bordeaux : Une rue (dans le quartier Saint-Michel à Bordeaux), un buste de Zadkine au Jardin public de Bordeaux (copie), le même buste en plâtre au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, la plaque sur sa maison natale au 86 rue du Pas-Saint-Georges à Bordeaux.... Hors Bordeaux, vous pouvez visiter la demeure familiale aujourd'hui musée au Centre Malagar

 

Et voilà... Je suis contente d'avoir pu t'aider à faire brièvement connaisssance avec les 3M de Bordeaux. Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! 

Si ça t'a plu... Si tu as appris un truc insolite ou qui t'a fait sourire dans cet article, n'hésite pas à le partager sur les réseaux sociaux et viens suivre mes pérégrinations sur la toile

 

 

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