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Des écluses sur la Charente

19 écluses : c'est le nombre des écluses que l'on trouve entre Angoulême et Cognac  sur la Charente, à savoir ce qu'on appelle la partie utile du fleuve. La région s'est vraiment développée autour et par son fleuve : il est facile de voir que les villes les plus importantes ont été fondées le long de l'axe fluvial.

Et oui je dis bien "FLEUVE" puisque la Charente se jette directement dans l'océan.

 

carte des villes le long de la Charente

 

La région s'est vraiment développée autour et par son fleuve : il est facile de voir que les villes les plus importantes comme Angoulême, Cognac, Jarnac ou encore Saintes, ont été fondées le lon de l'axe fluvial. La Charente permettait de faire "descendre" les produits de l'intérieur vers l'aval, notamment pour alimenter l'arsenal de Rochefort fondé au XVII° sicèle mais aussi d'alimenter les populations de l'intérieur en sel, un produit essentiel dit "montant" qui venait de la côte atlantique. 

Et oui je dis bien "FLEUVE" puisque la Charente se jette directement dans l'océan ! 

 

 

 

 

embouchure Charente

 

On va commencer à canaliser son cours avec des écluses à partir des années 1780.

36 écluses vont être alors construites entre l'océan et Montignac (plus en amont, au dessus d'Angoulême). Au départ, ce sont de simples canaux de dérivation des moulins pré-existants si bien que chaque passage d'une gabarre ralentissait l'activité du moulin et provoquait de sacrés conflits entre meuniers et gabariers !

 

Carte 19 cluses Charente

Dans la seconde moitié du 19e siècle : c'est l'apogée du trafic commercial avec les gabarres dans les années 1890.

Gabarre à Saintes 1920 (aujourdhui Quai Yser, Saintes)On parle de 76 000 tonnes de marchandises pour l'ensemble du fleuve. La régulation de la circulation se faisait par ces nombreuses écluses, surtout nos 19 écluses en Charente entre Angoulême et Cognac, car celles qui étaient en amont d'Angoulême seront progressivement abandonnées au cours du 19ème siècle.

L'essor de l'économie fluvial semblait acquis malgré le faible tirant d'eau de la Charente puisque aucune route n'assurait réellement la liaison Est-Ouest : c'est-à-dire au Océan-intérieur du pays. L'axe Nord-Sud, Paris-Espagne, qui est capital pour la poste ou pour les voyageurs, n'a jamais eu de réelle incidence sur l'histoire du  commerce régional.

 

Alors pourquoi est ce que le commerce des gabarres sur la Charente a décliné ?

Pour plusieurs raisons : progressivement le terminus commercial va se replier vers l'aval.

Jarnac va confirmer son avantage en construisant des gabarres de plus en plus importantes qui ne pouvaient pas circuler sur la partie amont du fleuve. Combinez cette faible profondeur du fleuve avec la concurrence que se livraient les ports fluviaux...

Vient aussi le problème du halage : jusqu'au 17e siècle un équipage pouvait remonter tout seul des petites gabarres. Au 18e siècle, compte tenu du fait que leur taille augmente : le recours aux haleurs devient inévitable, ce qui augmente considérablement la perte de temps pour trouver le personnel nécessaire en vue  d'obtenir le contrat.

Et, il ne faut pas oublier non plus l'arrivée du chemin de fer dans la région : Saintes qui deviendra un noeud ferroviaire régional à partir de la fin des années 1860. La navigation fluviale va consiérablement souffrir de cette nouvelle concurrence. 

A tout ça, vous ajoutez :

  • le manque de diversité des produits transportés
  • le déclin de l'arsenal de Rochefort qui n'a plus besoin des denrées de l'arrière pays
  • la fermeture progressive des salines qui étaient la raison principale du trafic vers l'amont

 

En 1936, c'est le dernier chargement d'eaux-de-vie sur une gabarre à Jarnac sous la responsabilité  de la maison de cognac Tiffon

 

Finalement la Charente va être rayée de la nomenclature des voies navigables en 1957 et c'est le département qui en reçoit la concession quelques années plus tard.

Aujourd'hui , on  peux faire des balades sur la Charente : plusieurs compagnies proposent de la location de bateaux fluviaux et on peut expérimenter soi même le passage de ces écluses qui ont été harmonisées avec ette couleur joliment appelée :  "vert charente".

Il faut compter une grosse dizaine de minutes et un peu  d'huile de coude pour pouvoir passer une écluse.

J'espère vous avoir donnée d'en savoir plus sur ces écluses et vous livre une petite bibliographie pour ceux qui voudraient creuser ! 

MES SOURCES et POUR ALLER PLUS LOIN :
▶ Magazine Xaintonge N° 22 sur le fleuve Charente
▶ Les villes moyennes du fleuve Charente. Evolution historique et économique depuis l'Antiquité. par Renard Roger (1993)
Charente - Encyclopédie Bonneton

▶ La carte avec géolocalisation des 19 écluses : https://urlz.fr/eof5 réalisée par le village gabarier de Saint Simon : https://www.village-gabarrier.fr/blog/ecluses/19-ecluses-entre-angouleme-et-cognac


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